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Accorder sa basse électrique : la méthode complète EADG

Accorder sa basse électrique en EADG, choisir le bon accordeur et corriger un désaccordage récurrent : la méthode complète pas à pas, du débutant au drop D.

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Accorder sa basse électrique : la méthode complète EADG

Accorder une basse électrique consiste à régler ses quatre cordes sur les notes Mi, La, Ré et Sol, de la plus grave à la plus aiguë, avec le La de référence calé sur 440 Hz. La méthode la plus fiable reste l’accordeur électronique branché en direct sur la sortie jack, corde après corde, en montant toujours vers la note juste plutôt qu’en redescendant dessus.

L’accordage standard EADG, corde par corde

Une basse 4 cordes suit l’accordage EADG : Mi (E) sur la corde la plus épaisse, La (A), Ré (D), puis Sol (G) sur la plus fine. Chaque corde est séparée de sa voisine par un intervalle de quarte juste, ce qui explique pourquoi les positions de gammes se déplacent identiquement d’une corde à l’autre sur le manche.

La fréquence de référence universelle est le La 440 Hz. Presque tous les accordeurs électroniques, qu’ils soient à pince ou en pédale, sortent d’usine calés sur cette valeur, devenue la norme internationale depuis une conférence de normalisation acoustique tenue à Londres en 1953. Un accordeur réglé sur 432 Hz, popularisé par certains courants ésotériques qui lui prêtent des vertus particulières, désaccorderait ta basse par rapport à n’importe quel autre musicien du groupe, piano ou synthétiseur calé sur le standard.

Voici les quatre notes et leurs fréquences précises, utiles si tu accordes à l’oreille avec un diapason ou un piano :

CordeNoteFréquence
4e (la plus grave)Mi (E)41,2 Hz
3eLa (A)55,0 Hz
2eRé (D)73,4 Hz
1re (la plus fine)Sol (G)98,0 Hz

Ces fréquences se situent toutes sous les 100 Hz, dans le grave profond. C’est une des raisons pour lesquelles l’oreille humaine peine à juger la justesse d’une basse sans instrument de mesure : la perception des fréquences graves est moins précise que celle des aigus.

Choisir le bon accordeur : pince, pédale ou clip

Trois familles d’accordeurs couvrent l’essentiel des usages, et le bon choix dépend surtout du contexte de jeu, pas du niveau du bassiste.

L’accordeur à pince se fixe sur la tête du manche et capte la vibration du bois par un capteur piézo. Discret, rapide à installer, il fonctionne indépendamment du câble jack. C’est le choix évident à la maison ou en répétition dans un environnement calme, avec une précision largement suffisante pour l’oreille.

L’accordeur pédale s’insère dans la chaîne du signal entre la basse et l’ampli. Il lit directement le signal électrique de l’instrument, ce qui le rend insensible au bruit ambiant : un batteur qui chauffe ses fûts à côté ne perturbe en rien la lecture. C’est l’outil de référence sur scène, et beaucoup l’utilisent aussi en mode mute pour accorder en silence entre deux morceaux.

L’accordeur d’application mobile, via le micro du téléphone, dépanne mais reste le moins fiable des trois : il capte tout le bruit de la pièce en même temps que la corde.

Sur la précision, exprimée en cents (un cent équivaut à un centième de demi-ton), les standards actuels distinguent deux usages. Une précision de ±1 cent suffit largement pour la pratique quotidienne, l’oreille ne détectant pas d’écart aussi fin dans ce contexte. Pour l’enregistrement ou la scène professionnelle, viser une précision proche de ±0,1 cent élimine tout risque de battement perceptible entre deux instruments accordés séparément.

Un point souvent négligé : l’accordeur pédale, contrairement au modèle à pince, coupe généralement le signal vers l’ampli pendant l’accordage, en mode mute. Ce détail change la vie sur scène entre deux morceaux, où accorder à la pince en silence relatif obligerait à couper soi-même le volume ou à subir un bruit disgracieux dans la sono. Beaucoup de bassistes finissent par posséder les deux : la pince pour la maison et les balances rapides, la pédale pour tout ce qui touche à la scène.

La méthode pas à pas avec un accordeur électronique

Brancher la basse directement sur l’accordeur, ou poser la pince sur la tête, avant de commencer. Jouer chaque corde à vide, une par une, dans l’ordre suivant :

  1. Corde de Mi, la plus grave : joue-la et observe l’aiguille ou l’écran. Tourne la mécanique lentement jusqu’à ce que l’indicateur se stabilise au centre.
  2. Corde de La : même geste, en gardant une main sur la mécanique et l’autre qui pince la corde à intervalles réguliers pour vérifier la stabilité.
  3. Corde de Ré : attention particulière ici, cette corde a tendance à glisser légèrement plus que les autres sur certains modèles bon marché.
  4. Corde de Sol, la plus fine : termine par elle, puis reviens vérifier la corde de Mi, souvent redescendue d’un cheveu pendant l’accordage des autres.

Un réflexe technique change tout : monte toujours vers la note juste, jamais en redescendant dessus. Si tu dépasses la note en tendant la corde, détends-la nettement sous la justesse puis remonte progressivement. Une corde accordée en descendant se détend plus vite dans les minutes qui suivent, car la tension du filetage autour de la mécanique n’est pas stabilisée dans le bon sens.

Après l’accordage complet, pince fermement chaque corde à mi-manche, comme pour un bend franc. Ce geste détend les points de friction du sillet et des mécaniques encore un peu lâches, un classique sur cordes neuves. Réaccorde immédiatement après : l’écart révélé confirme si le montage des cordes est stable ou s’il faut recommencer le cycle.

Pourquoi ta basse se désaccorde trop vite

Trois causes couvrent la grande majorité des cas de désaccordage récurrent, en dehors d’un usage normal.

Premier suspect : le montage des cordes neuves. Une corde qui n’a fait qu’un ou deux tours autour de l’axe de la mécanique glisse sous tension pendant les premières heures de jeu. Le bon geste consiste à enrouler la corde trois à quatre fois, en tassant les spires vers le bas de l’axe, avant de la tendre. Si tu changes tes cordes régulièrement, la méthode complète est détaillée dans le guide changer les cordes de sa basse, avec le geste pas à pas et le choix du tirant.

Deuxième cause fréquente : le sillet qui accroche. À l’endroit où chaque corde passe sur le sillet, en tête de manche, un point de friction peut retenir la corde sous tension puis la libérer d’un coup, provoquant une chute brutale de la justesse. Un peu de mine de crayon graphite déposée dans l’entaille du sillet réduit ce frottement, une astuce d’atelier simple et gratuite.

Troisième facteur, plus insidieux : l’humidité et la température ambiantes. Le bois du manche se dilate et se contracte selon l’hygrométrie, un phénomène plus marqué en hiver avec le chauffage qui assèche l’air. Une basse qui passe d’une pièce chauffée à une voiture froide, puis à une salle de concert humide, subit trois environnements différents en une soirée. Ranger l’instrument dans son étui entre les sets limite ces écarts brusques.

Un dernier point technique : les mécaniques elles-mêmes peuvent être en cause si elles sont anciennes ou de qualité médiocre. Un axe trop mou libère la corde progressivement, indépendamment du geste de montage. Si le problème persiste après avoir vérifié montage et sillet, un jeu de mécaniques de meilleure qualité résout souvent le souci pour de bon.

Bâtir le réflexe : quand et à quelle fréquence accorder

Un bassiste expérimenté accorde presque sans y penser, avant chaque session de jeu, sans exception. Une basse qui reste en étui plusieurs jours perd toujours un peu de justesse, même sans variation de température particulière, simplement par relâchement naturel des cordes sous leur propre tension.

La routine la plus efficace tient en trois vérifications :

  • Avant de jouer, systématiquement, même pour dix minutes de gamme
  • Après un changement de cordes, plusieurs fois dans l’heure qui suit, le temps que les cordes neuves se stabilisent
  • En répétition longue, toutes les trente à quarante minutes si l’instrument chauffe sous les projecteurs ou change de pièce

Cette discipline paie vite : un bassiste qui vérifie sa justesse par réflexe repère un problème mécanique naissant, sillet ou mécanique, bien avant qu’il ne devienne gênant en pleine répétition avec le reste du groupe.

Les accordages alternatifs : drop D et au-delà

Au-delà du standard EADG, certains styles musicaux, notamment le metal et le rock lourd, utilisent des accordages abaissés. Le plus courant est le drop D, qui consiste à descendre uniquement la corde de Mi d’un ton entier, pour obtenir un DADG.

Deux méthodes permettent d’y parvenir rapidement. La première, avec un accordeur chromatique moderne : accorde ta basse normalement, puis descends la seule corde de Mi jusqu’à ce que l’accordeur affiche un Ré. La seconde, par les harmoniques : joue l’harmonique de la 12e case sur la corde de Mi et compare-la à la corde de Ré à vide jouée normalement, en ajustant jusqu’à ce que les deux fréquences se confondent sans battement.

Le drop D ponctuel, pour un seul morceau en répétition, ne pose aucun risque pour l’instrument : la tension de la corde de Mi descendue d’un ton reste dans une plage normale. En revanche, pour un usage permanent en drop D ou dans un accordage encore plus bas, un jeu de cordes à tirant plus fort et un réglage du manche par un luthier évitent le bourdonnement des cordes trop détendues.

Si tu débutes encore avec les bases de l’instrument avant de te lancer dans les accordages alternatifs, le guide complet pour débuter la basse pose les fondations : posture, premiers exercices, et repères sur le manche. Une fois l’accordage standard maîtrisé du bout des doigts, la lecture des positions sur une tablature devient beaucoup plus naturelle, un sujet détaillé dans le guide lire une tablature basse.

Prochaine étape : accorde ta basse à l’oreille une fois, sans regarder l’écran, puis vérifie avec l’accordeur. L’écart mesuré te dit exactement où se situe ta marge de progression sur la justesse.